lundi 9 décembre 2019

NATZWILLER - STRUTHOF

SOUVENONS-NOUS!



Camp de concentration de Natzwiller-Struthof
Par Pierre-André Doriot

L'un des camps de concentration les plus meurtriers avec Mauthausen et Auswitch

Le Struthof est un lieu-dit sur la commune de Natzwiller, dans le département du Bas-Rhin, en France.
Il désignait une station de villégiature au début du XXe siècle.

Il est désigne communément le camp de concentration de Natzwiller-Struthof, actif de 1941 à 1944Le camp de
concentration de Natzwiller-Struthof[1] est le seul camp de concentration sur le territoire aujourd'hui français. Lors de sa création, l'Alsace et la Moselle avaient été annexées par le Troisième Reich. Il a été installé au Struthof, un lieu-dit dans les hauteurs de la commune de Natzwiller (Bas-Rhin), durant la Seconde Guerre mondiale. Son nom allemand était KL Natzweiler-StruthofKL pour Konzentrationslager, soit en français « camp de concentration ».

Le Struthof est avec Mauthausen l’un des camps les plus meurtriers du système concentrationnaire nazi, avec un taux de mortalité de plus de 40 %.

ROTHAU, les déportés arrivaient de toute l'Europe épuisés par le voyage à la gare de Rothau. Ils étaient dirigés par les SS et leurs bergers Allemand en direction du camp de concentration Struthof. La marche était interdite dans le camp. Ceux qui n'avaient pas l'habitude de travailler physiquement étaient les premières victimes. Le Struthof était le seul camp à avoir une pente d'environ 20%, ce qui le rendait plus dur et plus meurtrier, que tous les autres.

ENTREE DU CAMP NAZI

52 000 détenus
31 nationalités
22 000 détenus





FACE A LA NECROPOLE


A l'emplacementde la nécropole, en surplomb du camp, se trouvaient différentes baraques. Celle située juste au-dessus de l'entrée du camp abritait l'administration où étaient enregistrés les déportés et conservés leurs dossiers administratifs. D'autres abritaient cordonnerie, divers ateliers et réserves de charbon. En 1943, une deuxième baraque fut construite pour l'habillement.


Le Mémorial et la nécropole nationale de la déportation de Natzweiler-Struthof


Au-dessus se trouvaient les baraques réservées aux SS: dortoirs, infirmerie, cantine et même une salle de cinéma. La garnison du KL-Natzweiler était composée de 80 SS Totenkopf (tête de mort): officiers, sous-officiers et homme de troupe. Les commandants, à l'exeption de Josef Kramer, et les officiers habitaient des villas dans la vallée.

LE BLOCK CUISINE




La faim

C'est dans ce block que des déportés préparaient les rations de leurs camarades. Il comprenait une grande cuisine, un gigantesque évier de pierre, une chambre froide ainsi que le bureau et les sanitaires du SS chargé du block.
Le régime alimentaire des déportés est des plus rudes. Leur ordinaire se compose le mation d'un demi-litre de jus d'orge, à midi d'un litre de soupe liquide de rutabaga ou de chou, le soir d'un demi-litre de tisane, d'un morceau de pain, d'une petite portion de margarine ou de saucisson. Le dimanche à midi, les déportés ont droit à une soupe un peu plus épaisse, où trainent parfois quelques morceaux de viande.
Toute la nourriture est de qualité exécrable.
Les déportés doivent manger dans leur baraque, très rapidement. Ceux qui n'ont pas de gamelle doivent compter sur la solidarité de leurs camarades pour s'en faire prêter une.

Plus les déportés, sous -alimentés, la fin devient vite une obsession. Ils finissent par envier le contenu des gamelles des chiens SS. Ils se récitent aussi des recettes de cuisine dans l'espoir de tromper leur faim



Un camp de concentration nazi en Alsace

Peu après l'annexion de l'Alsace par le Reich nazi, Himmler, alors chef de la Gestapo, et Oswald Pohl, chef principal d’économie de la SS eurent l'idée d'installer des camps a proximité des carrières afin d'y faire travailler les déportés dans le cadre de la "Deutsche Erd- und Steinwerke (de) " (DEST), entreprise minière SS créée par Himmler.C'est au court d'un voyage d'observation qu'Albert Speer, architecte du Reich, nota la présence d'un Granit rose extrêmement rare dans la région.La décision fût alors prise d'y installer un camps visant a l'extraction du Granit par les déportés.C'est le géologue colonel SS Karl Blumberg qui trouva le meilleur site pour l'extraction du dit Granit et qui détermina donc l'emplacement du futur camp[2].

Sous le nom de « KL Natzweiler-Struthof », le camp est officiellement ouvert le 21 avril 1941. Environ 80 SS en assurent l'encadrement et l'administration[3]. Prévu initialement pour recevoir un total de 2 000 prisonniers, le camp-souche du KL en compte près de 7 000 à la fin du mois d'août 1944. Il comprend aussi environ 70 kommandos, camps annexes répartis en Alsace, en Moselle, et surtout en Allemagne.

Le Struthof fonctionne jusqu'à son évacuation par les SS au début du mois de septembre 1944, face à l'avance des troupes alliées. Le 23 novembre 1944, la 6e armée américaine pénètre dans un KL totalement vidé de ses occupants, répartis dans d'autres camps de concentration (notamment celui de Dachau) ou kommandos. Le KL Natzweiler-Struthof est le premier camp de concentration nazi découvert par les forces alliées à l'Ouest de l'Europe.

Après l'évacuation du camp-souche, l'administration SS s'installe dans le camp annexe de Guttenbach. Les kommandos du Struthof situés à l'est du Rhin continuent de fonctionner, toujours sous la dénomination de KL Natzweiler-Struthof, et à recevoir de nombreux déportés jusqu'à la capitulation allemande[4].

À l'instar des camps de Mauthausen et de Gusen, le KL Natzweiler-Struthof était classé « Camp de niveau III » (Lagerstufe III[5], ce qui signifiait qu'il était destiné à être l'un des camps les plus durs du système concentrationnaire. Son objectif était l'anéantissement des « ennemis politiques incorrigibles du Reich »[6].

Le nombre total de déportés qui ont été internés dans le camp même ou l'un de ses kommandos est estimé à environ 52 000[7]. Ils sont en majorité originaires de Pologne, d'Union soviétique, puis de France, des Pays-Bas, d'Allemagne et de Norvège. Des milliers de Juifs, pour la plupart originaires de Hongrie et des ghettos de Pologne, sont internés à partir de 1944 dans des kommandos extérieurs au camp-souche.

Les conditions inhumaines de travail et de détention, la malnutrition, les sévices des kapos et des SS ainsi que les nombreuses exécutions par balle ou pendaison[8] ont provoqué la mort d'au moins 22 000 détenus. Entre la fin mars et la fin avril 1945, l'évacuation des derniers kommandos du KL-Natzweiler, lors des « marches de la mort », a coûté la vie à environ 5 000 déportés.

Dirigé d'octobre 1942 jusqu'en mai 1944 par le sinistre Joseph Kramer, le Struthof est avec Mauthausen l'un des camps les plus meurtriers du système concentrationnaire nazi, avec un taux de mortalité de plus de 40 %[9].


Les exécutions massives

Le camp a par ailleurs servi de centre d'exécution pour de nombreux résistants issus de la majeure partie des pays occupés par l'Allemagne nazie et condamnés par la Gestapo. Le déporté Aimé Spitz témoigne : « Hors du camp, à quelque 100 mètres, se trouvait une sablière. C'est là qu'environ cinq cents camarades furent fusillés, soit à coups de mitraillette, soit à coups de revolver dans la nuque. Un soir de printemps 1944, après 18 heures, 11 Luxembourgeois appartenant à la Résistance furent fusillés dans cette sablière. Ce genre d'exécution, ordonnée par le ministère de la Sûreté d'État de Berlin, avait lieu le soir après l'appel. Chaque fois que nous apercevions le soir des arrivants devant la Schreibstube (secrétariat du camp), nous savions qu'il s'agissait d'une Sonderbehandlung (manipulation spéciale). Ce genre de détenus ne figurait pas, la plupart du temps, dans le fichier du camp. Ils étaient amenés par la Gestapo pour être exécutés. Leurs corps étaient ensuite transportés au crématoire, de sorte qu'il n'y avait de trace nulle part[10]. »

Les exécutions de ce type ne sont en effet la majeure partie du temps pas répertoriées dans les registres du camp, ce qui rend difficile, voire impossible, le comptage rigoureux et l'identification des victimes.

Peuvent néanmoins être mentionnés les faits suivants :
























  • En 1943, treize jeunes gens originaires de Ballersdorf dans le Haut-Rhin sont fusillés à la carrière pour avoir refusé leur incorporation dans la Wehrmacht et tenté de quitter la zone annexée ;

  • Quatre femmes, deux Britanniques et deux Françaises, agents de la Special Operations Executive, un service secret britannique, sont exécutées par injection le 6 juillet 1944. Une plaque commémorative apposée à l'entrée du four crématoire rappelle leurs noms : Diana RowdenVera LeighAndrée Borrel et Sonia Olschanesky ;

  • Dans la nuit du 28 au 29 juillet 1944, un avion anglais Lancaster s'écrase au pied du Mont Sainte-Odile. Le sergent F. H. Habgood (21 ans) a sauté en parachute de l'avion avant qu'il ne s'écrase et atterri au Langen Weg, à Ottrott. Il est alors pris en charge par la population pour être remis à la Résistance. Dénoncé à la Gestapo, il est ensuite interné au camp de Schirmeck, d'où il parvient à s'échapper. Le SS Peter Straub le capture à Niederhaslach et le fait exécuter par pendaison le 31 juillet 1944 au KL Natzweiler-Struthof. Son corps n'a jamais été retrouvé ;

    Face à l'avancée des troupes alliées, les SS commencent à massacrer systématiquement certains détenus, particulièrement les résistants français, qui arrivent en grand nombre au camp. 
    Ainsi, dans la nuit du 31 août au 1er septembre 1944, 107 résistants du mouvement Alliance et 33 membres du Groupe mobile Alsace-Vosges sont expédiés au Struthof pour y être exécutés d'une balle dans la nuque, puis immédiatement incinérés dans le four crématoire. En trois jours, ce seraient 392 prisonniers (92 femmes et 300 hommes)[11] qui auraient été assassinés au Struthof, parmi lesquels le maire de la ville de la Rochelle le colonel Léonce Vieljeux[12].

    3.5. Les expériences médicales== Les « expériences médicales » == Le camp est aussi connu pour des « expériences » pseudo-scientifiques qui y furent pratiquées sur des détenus[13]. À cet effet avait été aménagée une salle de dissection.

    Une chambre à gaz était située en contrebas du Struthof ; elle a été construite par la Waffen-SS les 3 et 12 août 1943 dans une dépendance de l'ancien hôtel[14]. Elle est utilisée du 11 au 19 août 1943 pour l'exécution de détenus : 57 hommes et 30 femmes, internés à Auschwitz, sont envoyés au camp du Struthof pour y être assassinés avec des sels cyanhydriques (Zyklon B ?)[15]. Une personne ayant été préalablement exécutée par balle pour rébellion, ce sont finalement 86 personnes de « race juive » qui sont gazées personnellement par le commandant SS du camp, Joseph Kramer.
    Lors de son procès Kramer ne parle pas des classiques petits cailloux gris bleuâtres qui servent à décrire le Zyklon B, mais d'une poudre blanche dans un flacon que lui a donné August Hirt, et il a fallu un écoulement d'eau pour obtenir un dégagement gazeux ; selon Kogon (op. cité p. 260), il s'agit probablement d'un autre composé cyanhydrique concocté par Hirt, cyanure de potassium ou de sodium avec un acide organique, cette composition dégageant de l'acide cyanhydrique en présence d'eau. Le professeur 
    August HirtSS-Hauptsturmführer et proche de Heinrich Himmler, avait pour objectif à travers ces gazages de constituer une collection de « crânes de commissaires bolcheviks juifs[16] » pour l'Institut Anatomique de Strasbourg[17],[18], avant que « la race juive » ne soit anéantie[19] ; en effet, Himmler « faisait des études sur les crânes de « commissaires judéo-bolchéviques » destinés à permettre une définition typologique du « sous-homme » »[20]. Hirt mena aussi de nombreuses expérimentations sur l'utilisation du Gaz moutarde[21].
    La chambre à gaz a été par la suite utilisée pour 15 expériences de toxicité du gaz phosgène par un virologiste, Otto Bickenbach, sur des détenus de droit commun et des Tziganes[22].

    Un autre médecin SS, le professeur Eugen Haagen, a pratiqué au Struthof des injections de lèpre, peste et autres maladies sur des détenus de manière à observer les effets de ces contaminations ; plusieurs traitements étaient essayés pour une même maladie. L’expérience terminée, si les sujets n’étaient pas morts, ils étaient assassinés et incinérés.

    Afin de mener à bien ses expériences sur le typhus, Von Haagen se fait aussi remettre environ 200 Tziganes arrivés directement d'Auschwitz au Struthof durant les mois de novembre et décembre 1943. Début 1944, les Tziganes sont mis à sa disposition. 150 d'entre eux sont immunisés contre le typhus exanthématique, les 50 restants étant réservés comme témoins. À l’ensemble des 200 cobayes est ensuite inoculé par scarification au bras le germe du typhus[23].

    Les diverses séries d'expériences font des centaines de victimes parmi les déportés du camp. Elles entraînent en outre une épidémie de typhus durant l'année 1944.[réf. souhaitée]




    LES PENDAISONS
    La pricipale place d'appel,située en haut du camp, est également le lieu des pendaison. Tous les déportés sont contraints d'y assister. Celle de Noèl 1943 à particulièrement marqué les déportés qui étaient présent. Le condamné, un déporté allemand, arrive au camp au début du mois de décembre, avait reçu 100 coups de bâton assénés par quatre SS sur la place d'appel devant tous les déportés réunis un soir sous les projecteurs. Emmené à demi mort au block cellulaire, il n'en est sorti que pour être pendu le jour de Noèl 1943. Le commandant Kramer et ses adjoints, fumèrent le cigare, debout, à côté de la potence















    LE RAVIN DE LA MORT

    Les << tentatives d'évasion >>

    Un barbelé, accroché à des petits piquets de 30 cm de haut, courait le long du chemin descendant vers la baraque crématoire. Sur l'un des piquets était fixée une pancarte avec l'insigne des SS Totenkopf: une tête de mort. Si un déporté franchissait ce barbelé, accidentellement ou poussé volontairement par un SS, il était aussitôt abattu par la sentinelle postée sur un mirodor. Le geste du déporté était considéré comme << une tentative d'évasion >>.
    Des déportés ont également été abattus au motif de pseudo tentatives d'évasion au-delà de la double enceinte électrifiée. A l'été 1943, un kommando de NN français a été affecté à des travaux de terrassement hors du camp, à l'emplacement de l'actuelle nécropole. Ils devaient déverser des brouettes pleines de pierres au bas du talus situé au pied du mirador d'angle. S'ils franchissaient ce talus, entrainés par le poids des pierres, ils étaient aussitôt abattus. Les déportés ont donné à ce ravin, qu'ils ont comblé et qui n'existe donc plus aujourd'hui, le nom << ravin de la mort >>.




    Le four


    Les premiers déportés morts au camp sont incinérés à Strasbourg. En 1943, un premier four est construit à proximité de l'auberge du Struthof. La création du block crématoire du camp démarre à la fin du mois d'avril 1943 et le four y est installé fin octobre. La cheminée est haute de neuf mètre. Sous le sol du four se trouve la morgue, qui sert aussi de lieu d'exécution. Les cadavres sont ensuite montés par la civière placée à droite du four. La chaleur dégagée par leur incinération sert à chauffer l'eau des douches. Le transport des corps à la morgue, leur incinération et le déversement des cendres dans la fosse sont assurés par un kommando qui ne comprendra jamais plus de cinq déportés.




    La civière




    Les cadavres sont acheminés depuis la morgue du sous-sol, qui servait également de lieu d'exécution, jusqu'au four, pour l'incinération.


    Le block cellulaire

    Les cellules


    Dans le block cellulaire, aussi appelé Bunker, il existe deux types de cellules: les plus grandes avec une couchette en bois, où les déportés étaient parfois entassés à plus de 20; et les plus petites, véritables cages, où les déportés devaient rester accroupis, dans l'obscurité totale. C'est là qu'étaient généralement enfermés les déportés condamnés à la pendaison dans l'attente de leur exécution.

    La durée des peines de cachot pouvait varier de 3 à 42 jours. Les déportés condamnés au Bunker ne recevait de la nourriture que tous les trois jours. Un simple retard à l'appel pouvait entraîner une bastonnade suivie d'une peine de prison.



    Le chevalet de bastonnade




    Lorsqu'un déporté était condamné à une peine de bastonnade, ce chevalet était installé sur la principale place d'appel (la plus haute). Le déporté devait compter les coups de matraque à haute voix et en allemand, sous peine d'une reprise à zéro. Le nombre de coups variait en fonction de la punition : 5 coups pour vol de pommes de terre, 10 pour vol de colis, 15 pour expédition clandestine de lettre ou 20 pour vol à la cantine SS . En théorie, la peine était exécutée après l'accord de l'inspection générale des camps à Oranienburg.


    Salle d'expérimentation


    Ici, les déportés étaient disséqués, afin de faire des expériences pseudo-scientifique


    La salle des urnes



    Une pièce du block sert à entreposer des urnes funéraires. En effet, au début de l'histoire du camp, les familles des déportés allemands pouvaient, sous certaines conditions et moyennant finance, récupérer les cendres de leurs proches.


    La chambre à gaz



    Historique du bâtiment

    En 1942, le professeur de médecine August Hirt décide, avec l'accord de Himmler, le Reichsfuhrer SS, de constituer une collection de squelettes << judéo-bolcheviques >>.
    Le gazage permet de conserver les corps intacts. Une chambre à gaz est alors aménagée dans cette dépendance de l'auberge du Struthorf, ancienne salle des fêtes, réquisitionnée par les nazis. Le gazage des juifs à lieu en trois fois en août 1943. Les travaux d'aménagement, puis les gazages sont supervisés par josef Kramer, le commandant du camp.
    La chambre à gaz est aussi utilisée par le professeur Bickenbach pour ses expériences sur le gaz phosgène qui provoque des oedèmes pulmonaires aigus. La plupart des victimes sont des Tziganes. Des déportés enfermés dans la chambre à gaz durant 20 minutes. Morts et vivants sont ramenés au camp où Bickenbach étudie leurs lésions pulmonaires.
    Cette chambre à gaz de 9 m2 utilisée pour des expériences n'a jamais servi pour l'extermination systématique de déportés.

    Chemin des déportés



    Les déportés passaient par ce chemin devant la villa de leur bourreau, Josef Kramer.
    Depuis la gare de Rothau, ils parcourraient environ 6 km., pour arriver au camp de concentration du Struthof.



    La villa, siège de la Kommandantur



    La Kommandantur était installée dans une villa privée, réquisitionnée par les nazis en 1940. Construite peu avant la Première Guerre mondiale, elle appartenait à une famille de banquiers strasbourgeois.



    Josef Kramer, photographié aux arrêts à Belsen avant d'être transféré comme prisonnier de guerre à Celle, le 17 avril 1945.


    Mise en page, concept et photos couleur Pierre-André Doriot
    En remerciement au ONACVG, Centre européen du résistant déporté
    Avril 2011
    www.struthof.fr


    http://www.filmsdocumentaires.com/films/141-le-struthof

    CRUAUTE HUMAINE

    NE PAS OUBLIER

    En 1943, cette ancienne salle des fêtes a été aménagée en chambre à gaz pour les besoins du docteur Hirt. 

    L'HORREUR ABSOLUE DE LA CRUAUTE HUMAINE

    Le professeur SS August Hirt. Homme monstrueux, mais, paraît-il, bon anatomiste. DR






    La dictature nazie a été le comble de l'horreur. La pire de toute l'histoire de l'homme!

    La découverte de la collection de cadavres entassés dans des cuves pleines d'alcool le 1er décembre 1944 à l'université de Strasbourg, en est un témoignage boulversant.
    Le boucher August Hirt

    Opération à Monowitz

    Lors de l’inauguration de la Reichsuniversität de Strasbourg, en novembre 1941. DR

    85 juifs d'Auswitch fut amenés au Struhof en Alsace, pour y être gazé et servir de cobaye humain.


    L’horrible collection anatomique strasbourgeoise du professeur Hirt


    Lundi, un documentaire télé aborde un épisode souvent occulté de la Seconde guerre : il y a 70 ans, 86 personnes étaient gazées au Struthof, et leurs corps emmenés à Strasbourg afin d’y constituer une « collection » de squelettes juifs.

    « Chaque fois que j’en parle, j’ai l’impression que les gens découvrent le sujet , s’étonne Sonia Rolley. Et ce n’est pas normal ! » Ce « sujet », c’est celui des 86 juifs gazés il y a 70 ans au Struthof et dont les corps ont été retrouvés, à la Libération, baignant dans des cuves emplies d’alcool, dans les sous-sols de l’institut d’anatomie de Strasbourg (dans l’hôpital civil). Le professeur nazi August Hirt entendait ainsi constituer une « collection anatomique » gardant, au sein de l’université alsacienne, la trace de ce qu’était la « race juive » après sa disparition programmée (voir ci-contre).
    Résistances

    Sonia Rolley est aujourd’hui journaliste à Radio France Internationale. Elle a eu connaissance de cette histoire en 2005, quand elle était étudiante à l’école de journalisme de Strasbourg (Cuej). « Je voulais réaliser une émission de radio sur les légendes urbaines qui hantaient les couloirs de l’université. Un ami m’a alors parlé des ‘‘bouts de juifs’’ qui se trouveraient dans la collection anatomique… C’était une expression employée en fac de médecine, sans savoir ce que ça recouvrait ». L’étudiante confronte alors cette légende à la réalité. Elle interroge pour l’occasion un ponte universitaire, qui, se souvient-elle, évacue la question « en affirmant que ses étudiants ne sont pas censés porter cette mémoire. Je n’imaginais pas à quel point cette histoire pouvait provoquer de résistances… »


    À cette époque, un médecin psychiatre strasbourgeois, Georges Federmann, créateur du cercle Menachem Taffel, se faisait déjà un devoir d’affronter ces réticences locales (lire ci-dessous). 70 ans plus tard, le brouillard tend enfin à se dissiper. Grâce à l’action opiniâtre du cercle, mais aussi, notamment, aux travaux menés par le journaliste allemand Hans Joachim Lang (qui a révélé le nom des victimes) et les chercheurs Patrick Wechsler et Robert Steegmann, cette énormité nazie en Alsace a entrepris sa lente sortie de l’oubli, pour ne pas dire du déni.
    Zones d’ombre

    La diffusion ce lundi sur France 3 du documentaire Au nom de la race et de la science pourrait accélérer ce mouvement de reconnaissance. Cette enquête est cosignée par Sonia Rolley, Axel et Tancrède Ramonet. Devenue grand reporter au Rwanda et au Tchad, l’ancienne étudiante n’avait oublié ni cette histoire, ni les résistances qu’elle suscite. Elle a soumis ce projet aux deux autres coauteurs il y a quatre ans. « J’ai proposé ce sujet parce je ne comprenais pas pourquoi personne ne l’avait encore traité ! On a entrouvert la porte, et j’espère que beaucoup d’autres vont s’y engouffrer. C’est un premier film et il y en a encore beaucoup à faire. Par exemple sur les victimes elles-mêmes, sur le travail de Lang, dont le livre n’a pas encore été traduit en français, sur celui du cercle Taffel… »
    L’appel aux nouvelles recherches est d’autant plus important que demeurent plusieurs zones d’ombre. Ainsi, les victimes ont-elles vraiment été sélectionnées, et selon quels critères ? Et pourquoi le professeur Hirt ne s’est-il plus occupé de ces corps une fois qu’il les a réceptionnés ?

    Georges Federmann annonce la parution, pour l’automne, d’un nouveau livre : il sera l’œuvre d’un auteur allemand nommé Julien von Reitzenstein et pourrait apporter son lot de révélations.

    VOIR Au nom de la race et de la science, Strasbourg 1941-1944 , documentaire de 55 minutes réalisé par Sonia Rolley, Axel et Tancrède Ramonet (production Temps Noir), ce lundi 29 avril à 23 h 45 sur France 3 et le samedi 18 mai à 15 h 20 sur France 3 Alsace.


    Chronologie d'une atrocité

    23 novembre 1941. Inauguration de la Reichsuniversität de Strasbourg. Comme celle de Prague, cette université en territoire annexée devait être une vitrine de la « science » nazie. Parmi les 28 nouveaux professeurs figure un anatomiste fanatique et ambitieux : August Hirt, 43 ans. Sa famille est d’origine suisse, mais il est né en Allemagne, à Mannheim, et est membre de la SS depuis 1933 (il atteindra le grade de commandant). Lors de cette cérémonie, il rencontre Wolfram Sievers, proche de Himmler et un des dirigeants de l’Ahnenerbe («Héritage des ancêtres »), sorte de centre de recherches de la SS essayant de prouver la supériorité de la race aryenne.
    2 novembre 1942. Hirt écrit à Himmler, chef de la SS, afin d’obtenir 150 squelettes de juifs pour un projet de « collection anatomique ». Sa requête est acceptée. Dans un premier temps, Hirt ambitionne précisément de collectionner des « crânes de commissaires bolcheviques juifs ».

    Juin, puis août 1943. Anthropologue de l’Ahnenerbe (il a effectué des expéditions au Tibet sur les traces supposées des origines aryennes), Bruno Beger est chargé de « sélectionner » une centaine de personnes à Auschwitz, en l’absence de Hirt. Celui-ci veut qu’elles soient tuées en Alsace. 87 personnes seraient donc amenées en août au Struthof. À 500 mètres du camp, une ancienne salle des fêtes vient d’être aménagée en chambre à gaz. Une femme se serait rebellée au moment d’y être conduite, et tuée par balles. Les 86 autres personnes sont asphyxiées au zyklon B, en quatre groupes. Les corps sont transférés à l’institut d’anatomie aussitôt après leurs décès ( « Les yeux étaient encore ouverts et brillants » , dira un employé), traités par des injections artérielles (de formol notamment) et placés dans des cuves emplies d’alcool éthylique. Curieusement, Hirt n’y touche plus...

    1er décembre 44. Les 86 corps (17 cadavres entiers et 166 segments) sont découverts dans les cuves par les alliés. Des autopsies sont pratiquées. Quelques semaines plus tôt, Hirt avait demandé qu’ils soient rendus méconnaissables, et notamment que les têtes et les tatouages du bras gauche soient enlevés. Mais ces matricules avaient été relevés par un assistant, ce qui permettra leur identification. Hirt aurait gardé pour lui les dents en or.

    2 juin 1945. Hirt se suicide dans la Forêt-Noire, en se tirant une balle dans la tête. Himmler avait avalé du poison peu avant. Sievers a été condamné à mort et pendu en 1948. En revanche, Bruno Beger (qui assura ne pas connaître le sort des sélectionnés) vivra jusqu’à ses 98 ans ; il a rencontré à plusieurs reprises le 14e dalaï-lama.

    23 octobre 1945. Les corps des 86 victimes sont enterrés à Strasbourg-Robertsau. Ils ont ensuite été transférés en 1951 au cimetière de Strasbourg-Cronenbourg.

    « Profession bourreau »
    Deux ans après son ouvrage consacré au gauleiter Robert Wagner, l’historien (et conseiller général) Jean-Laurent Vonau poursuit son travail à partir des archives de procès et d’instructions en publiant un ouvrage consacré aux jugements des gardiens des camps nazis en Alsace annexée, à Schirmeck (« camp de sûreté ») et au Struthof (« camp de concentration »).
    Une partie de ce livre est consacrée aux procès des « médecins de la mort », à Metz, en 1952. Au-delà de la collection anatomique, l’ouvrage aborde aussi les expérimentations nazies sur des prisonniers (dont des Tziganes) utilisés comme cobayes pour des recherches contre les gaz ou le typhus.
    LIRE Profession bourreau, Struthof-Schirmeck, les gardiens face à leurs juges , Jean-Laurent Vonau, La Nuée Bleue, 285 pages, 22 €.
    RENCONTRER L’auteur sera à la librairie Kléber de Strasbourg le 4 mai (17-19 h) ; à la foire du Livre de Saint-Louis le 5 mai ; aux librairies Bisey de Mulhouse le 11 mai (15-17 h) et Hartmann de Colmar le 18 mai (15-17 h).
    « J’ai appelé ça du révisionnisme par défaut… »
    Le psychiatre strasbourgeois Georges Federmann a créé en 1997 le cercle Menachem Taffel pour lutter contre l’oubli qui menaçait les victimes de Hirt.

    « Durant tout mon cursus de médecine à Strasbourg, je n’ai jamais entendu parler de cette histoire… » Après ses études, Georges Federmann s’est installé comme psychiatre, en 1988, dans la capitale alsacienne. Et ce n’est qu’en 1992 que deux chercheurs du CNRS lui apprennent la découverte en 1944, à l’institut d’anatomie, des corps « commandés » par Hirt. Ils avaient alors écrit à un responsable universitaire pour que cette mémoire soit ravivée ; on leur avait répondu qu’il n’y avait aucun lien à faire entre l’université actuelle et la Reichsuniversität, et que présenter les méfaits nazis serait « de nature à créer une inadmissible ambiguïté ».

    « Ambiguïté »

    « C’était comme si cette parenthèse était hors de l’Histoire , commente Georges Federmann. J’ai appelé cette attitude du révisionnisme par défaut… Le fait de ne pas 
    l’enseigner laisse croire que c’est accidentel, que ça ne peut pas se reproduire, alors qu’il faudrait en faire à l’inverse un cas d’école. Il ne faut pas oublier que jusqu’en 1933, la médecine allemande est celle qui a fourni le plus de prix Nobel ».
    Dès 1997, à l’occasion de la tenue à Strasbourg d’un congrès du Front national, Federmann crée avec le psychanalyste kehlois Roland Knebusch une association : le cercle Menachem Taffel, du nom de la seule victime alors identifiée. Il doit s’imposer face à un certain milieu universitaire, mais aussi, précise-t-il, un certain milieu juif, « car on n’appréciait pas trop que l’étendard de cette mémoire soit porté par quelqu’un comme moi, qui suis juif, mais aussi pro-palestinien… »

    Georges Yoram Federmann n’est pas un psychiatre ordinaire. Il s’est fait connaître par son obstination à vouloir soigner les exclus. En novembre 2005, un ancien patient a fait irruption dans son cabinet, tué sa compagne et lui a logé quatre balles dans le corps.





    Une plaque et un quai



    Curieux hasard, quelques jours plus tard, le cercle obtenait sa première grande reconnaissance : une plaque était inaugurée à l’entrée de l’institut d’anatomie « en mémoire des 86 victimes juives assassinées par August Hirt ». En mai 2011, une partie du quai Pasteur, à Strasbourg, proche de l’institut, a été rebaptisée du nom de Menachem Taffel sur la proposition de l’adjointe Nicole Dreyer.

    Désormais, le psychiatre demande notamment que le rapport d’autopsie pratiqué sur les victimes soit distribué à tous les étudiants de médecine de Strasbourg. Et il compare la réticence qu’il a fallu vaincre pour l’apposition de la plaque aux honneurs dont est toujours entourée la mémoire du professeur Leriche, qui donne son nom à un pavillon de l’hôpital civil : « Or, ce Leriche fut, jusqu’à fin 42, le premier président du conseil supérieur de l’ordre des médecins créé par Vichy. Et ce conseil de l’ordre a participé au recensement des médecins juifs et à leur expulsion. »

    CÉRÉMONIE. Ce dimanche, à 10 h, le cercle Menachem Taffel organise comme chaque année un hommage aux victimes de Hirt devant l’institut d’anatomie de Strasbourg.


    Menachem et les autres


    Unique victime connue jusqu’aux recherches menées par Hans Joachim Lang, Menachem Taffel avait le matricule 107969 tatoué sur l’avant-bras gauche. Né en Pologne le 28 juillet 1900, il avait été déporté le 13 mars 1943 à Auschwitz-Birkenau avec sa femme Klara, 44 ans et leur fille Ester Sara, 15 ans. À Berlin, ils habitaient au 9, rue d’Alsace (Elsasserstrasse)…
    Sur les 86 victimes, 36 étaient des femmes. La plus jeune avait 15 ans. Une bonne moitié venait de Thessalonique. Les autres étaient originaires d’Allemagne, de Pologne, d’Autriche, etc. Il y avait un seul Français : Jean Kotz, né en 1912.

    A lire aussi
    http://www.lalsace.fr/haut-rhin/2013/04/27/struthof-les-86-victimes

    A la Libération, la découverte des traces des expériences, à Strasbourg

    Compte-rendu du Commandant RAPHAËL, du Service Cinématographique des Armées.


    « Le vendredi 1er décembre 1944, au cours d'une visite à l'Hôpital Civil de Strasbourg pour rechercher du matériel photographique provenant de l'Institut allemand, le Commandant Raphaël, du Service Cinématographique de l'Armée, a constaté la présence dans le sous-sols du bâtiment de l'Institut d'Anatomie de cadavres entassés, dans des cuves pleines d'alcool.



    Ces cadavres étaient destinés aux expériences du Professeur Hirth, Directeur de l'Institut.


    D'après les déclarations des employés alsaciens : Peter, Wagner et Gabel, ces corps auraient été livrés à l'Institut, sur la demande du Professeur Hirth, par un camp d'internés politiques (Schirmeck ou Struthof).

    Sur 120 cadavres commandés, 86 ont été livrés (dans la même journée, en plusieurs fois) à 5h du matin.

    Les corps étaient transportés nus, à raison de 50 par camion.

    Lors de leur déchargement, les témoins ont pu constater que les cadavres présentaient les caractéristiques suivantes : Ils étaient encore tièdes et ne présentaient pas la raideur cadavérique. Leurs yeux étaient congestionnés et rouges. Ils portaient un matricule tatoué sur le bras. Ils comprenaient 30 femmes de tous âges.

    D'autre part, il est à signaler qu'il a été trouvé dans le laboratoire du Professeur une bombe puissante à oxygène liquide (10kgs) destinée à provoquer la destruction de toute l'installation, et à faire disparaître ainsi toute trace compromettante. L'Avance rapide de l'armée Leclerc a empêché la réalisation de ce projet. Toutefois, le Professeur Hirth a réussi à s'enfuir, mais une partie de ses assistants sont restés sur place.

    Les personnes dont les noms suivent sont à même de fournir tous détails complémentaires sur cette affaire et de servir de témoins :

    1- Eléments alsaciens ayant dénoncé les agissements du Professeur et continuant leur service à l'Hôpital Civil : Pater, Wagner, Gabel.

    2 - Eléments allemands (internés ou surveillés) : Mlle Seepe, secrétaire du Professeur Hirth ; M. et Mme Bong, assistants du Professeur.

    Mr Bong devait être fusillé, et n'a pas été exécuté, afin de servir de témoin. Il est interné.

    En résumé : Le nombre de cadavres, la manière anormale dont ces corps ont été amenés à l'hôpital, les précautions prises pour pouvoir faire disparaître toutes traces de ces installations, enfin, les déclarations des employés attachés à ce service, prouvent que le Professeur Hirth était un triste personnage dont  l'activité est à mettre en lumière.

    Il semble qu'on se trouve en face d'une manifestation de la barbarie allemande.

    Fait à Paris, le 10 décembre 1944




    Médecine nazie et expérimentations


    Agrandir la photoLe nazisme était fondé sur des théories racistes et antisémites, affirmant la supériorité de l'« Aryen », décrété de « pure race allemande », sur tout autre être humain. Ces théories se cherchaient une caution dans les travaux pseudo-scientifiques menés par d'authentiques professeurs et médecins allemands, acquis aux idées de Hitler. Des expérimentations sur diverses maladies, gaz de combat et « étude des races » furent pratiquées sur des déportés dans plusieurs camps de concentration nazis.

    Au KL-Natzweiler, plusieurs séries d'expériences « médicales » furent menées dans le cadre des travaux de la Reichsuniversität, l'université du Reich à Strasbourg, et de l'administration SS Ahnenerbe, rattachée à l'état major de Himmler à Berlin. Les principaux auteurs et coupables de ces expérimentations étaient : August Hirt, professeur d'anatomie de renommée internationale, Otto Bickenbach, professeur de médecine, spécialiste des gaz de combat et Eugen Haagen, virologiste, découvreur d'un vaccin contre le typhus qui lui valut d'être inscrit sur la liste des candidats au prix Nobel de médecine en 1936.

    Hirt procèda à des expériences sur l'ypérite - gaz moutarde - et projetta de constituer une collection de squelettes à partir des corps des 86 Juifs déportés d'Auschwitz ; Bickenbach mèna des expérimentations sur le gaz phosgène et Haagen poursuivit ses travaux sur les effets du typhus








    Les nazis voulaient garder une trace des Juifs après leur extermination


    Après avoir lancé en janvier 1942 la "solution finale", les nazis ont décidé quelques mois plus tard de garder une trace anatomique du peuple juif, une fois celui-ci exterminé, en gazant en France 86 Juifs, un projet finalement non abouti. (c) Afp
    PARIS (AFP) - Après avoir lancé en janvier 1942 la "solution finale", les nazis ont décidé quelques mois plus tard de garder une trace anatomique du peuple juif, une fois celui-ci exterminé, en gazant en France 86 Juifs, un projet finalement non abouti.

    Un documentaire intitulé "Au nom de la race et de la science. Strasbourg 1941-1944" et réalisé par Sonia Rolley et Axel et Tancrède Ramonet, lève le voile sur ce projet fou conçu par un médecin SS. Il fit transférer 87 hommes et femmes Juifs du camp d'Auschwitz à celui du Struthof (Vosges) où 86 furent gazés. De là, les 86 corps furent transportés à une cinquantaine de km, à l'Institut d'anatomie de Reichsuniversität de Strasbourg, université d'excellence du IIIe Reich en Alsace annexée.

    1er décembre 1944. Des soldats de la 2e DB, entrés à Strasbourg une semaine plus tôt, découvrent 86 corps défigurés et démembrés dans les sous-sols de l'Institut d'anatomie. Ces corps furent inhumés en octobre 1945 dans un cimetière municipal de Strasbourg puis transférés en 1951, dans le cimetière juif de Strasbourg.

    A la base du projet, un médecin allemand, nazi depuis 1933, l'Hauptsturmfuhrer (commandant) de la SS August Hirt, membre de l'Institut d'anthropologie raciale "Ahnenerbe" et professeur à la Reichsuniversität de Strasbourg. Il imagine le projet d'une collection de squelettes juifs approuvé par Heinrich Himmler en novembre 1942.

    Il s'appuie sur les travaux de Wolfram Sievers, nazi depuis 1929, l'un des directeurs de "Ahnenerbe" qui entend trouver des traces anciennes de l'origine aryenne chez les humains pour prouver qu'ils appartenaient ou non à la race supérieure.

    L'assistant du Pr Hirt, Bruno Beger, ethnologue allemand et Hauptsturmführer (capitaine) de la SS, se rend en juillet 1943 à Auschwitz pour sélectionner 115 hommes et femmes juifs à l'aide de mesures anthropométriques. De ces 115 Juifs, 87 furent finalement envoyés au camp de concentration de Natzweiler-Struthof, seul camp de ce type en France occupée.

    Le chef du camp Joseph Kramer avait fait aménager une chambre à gaz dans un bâtiment près du camp où 36 femmes et 50 hommes sont gazés, en juillet 1943, le 87e refusant d'entrer dans la chambre à gaz. Les corps sont ensuite transportés vers l'Institut d'anatomie de Strasbourg et conservés dans le formol à la disposition du Pr Hirt.

    Mais celui-ci va finalement laisser les corps intacts. En septembre 1944, devant l'approche des Alliés vers l'est de la France, le projet est abandonné et Himmler ordonne la destruction des corps qui sont mutilés et pour la plupart démembrés pour empêcher toute identification.

    August Hirt quitte précipitamment Strasbourg en septembre 1944 avant de suicider en 2 juin 1945 en Forêt-Noire.

    Wolfram Sievers sera condamné à mort comme criminel de 
    guerre en août 1947 lors du "procès des médecins" à Nuremberg et pendu l'année suivante.

    Bruno Beger, sera condamné en 1971 à trois ans de prison avec sursis pour complicité dans le meurtre des 86 Juifs et décédera dans son lit en 2009.

    Quant à Joseph Kramer, qui commanda ensuite le camp de Bergen-Belsen, il fut condamné à mort en novembre 1945 et pendu le mois suivant.

    Une plaque commémorative, apposée dans l'Université de Strasbourg le 11 décembre 2005, porte le nom des 86 Juifs victimes de ce projet nazi.

    samedi 7 décembre 2019

    JOYEUSES FETES


    Nous vous souhaitons de joyeuses fêtes de fin d'année! Pierre-André et Stella


    Q - We Are The Plan